a. une histoire particulière

Dans un régime de liberté d’enseignement, l’organisation des écoles s’enrichit de la plu­ralité des initiatives. C’est ainsi que, dans l’his­toire de notre pays, l’Église catholique - dio­cèses, congrégations, paroisses, associations de chrétiens - a offert un service scolaire dans tous les niveaux et formes d’enseigne­ment.

Selon les besoins du temps, les communau­tés chrétiennes ont pris de façons diverses leurs responsabilités dans l’éducation des jeu­nes et la formation des adultes.

 

                b. un nouveau regard

Les écoles chrétiennes sont les héritières de cette attitude responsable et ne peuvent s’y déro­ber.

Aujourd’hui, les institutions chrétiennes sont transformées notamment par la sécularisation de la société. Ces transformations amènent les écoles à porter un regard nou­veau sur leur identité et leurs options fondamentales.

 

                c. l’unité de la formation humaine et de la formation chrétienne

Pour notre école, la formation de l’homme se base sur les valeurs évangéliques. Cette convic­tion fonde l’humanisme chrétien. Dans une confrontation permanente, la foi et les cul­tures s’interpellent et s’enrichissent mutuel­lement.

                d. le projet

Ce faisant, les communautés chrétiennes se met­tent au service de la société et de la jeunesse d’une façon spécifique.

La perspective évangélique éclaire cette fonc­tion sociale et lui donne une signification et une dimension nouvelles. Elle l’inscrit dans une histoire, celle des relations de l’homme avec Dieu. Pour elle, l’homme s’accomplit dans sa relation à Dieu. L’école chrétienne a donc la conviction qu’elle n’humanise en plé­nitude qu’en ouvrant à Dieu et au Christ.

La mission de l’école chrétienne est ainsi une vocation toujours à remplir.

 

Au service de l’homme...

L’école chrétienne éduque en enseignant ...

 

§  un service social commun à toutes les écoles

L’école chrétienne, comme toute école, entend poursuivre les objectifs généraux du système éducatif.

 

§  former la personne

Elle se propose d’abord de développer la per­sonnalité tout entière de l’élève. De la mater­nelle à l’université et quel que soit le type d’enseignement, elle éveille la personnalité de chacun aux dimensions de l’humanité, qu’elles soient corporelles, intellectuelles, affectives, sociales ou spirituelles. Elle le fait en mettant chacun en rapport avec les œuvres de la culture : artistiques, littéraires, scientifi­ques et techniques.

L’école veut accueillir l’enfant tel qu’il est édu­qué déjà dans la famille ; elle le considère dans sa singularité. Elle l’aide à accéder à l’autonomie et à l’exercice responsable de la liberté. Elle accorde un soutien privilégié à ceux qui en ont le plus besoin.

 

§  former le citoyen

L’école vise également à former le citoyen de sa région, de son pays, de l’Europe et du monde dans une société démocratique, fondée sur le respect des droits de l’homme. Pour que les élèves deviennent des acteurs de la vie sociale, soucieux de justice et de paix, l’école développe en son sein des pratiques démo­cratiques. De cette manière, elle les prépare à prendre part à la vie collective, dans ses dimensions associatives et politiques.

 

§  former l’acteur de la vie économique

L’école veut enfin assurer le développement des aptitudes nécessaires à l’insertion dans une vie économique et professionnelle au ser­vice de la personne et de la société. Elle ouvre ainsi la possibilité d’exercer une activité valorisante au sein du monde du travail. Elle fait de ceux qui s’adressent à elle des acteurs responsables, efficaces et créatifs dans une vie économique en constante évolution.

 

§  une tâche commune à toute la communauté scolaire

Ces objectifs sont communs à toute la commu­nauté scolaire. Chacun, selon sa respon­sabilité, concourt au même but. Il y apporte ses propres compétences et respecte les com­pétences des autres.

 

 

Les élèves et étudiants sont les acteurs de leur propre formation. Avec l’aide de leurs éducateurs, ils construisent et formulent peu à peu leur projet personnel.

Les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants. L’école ne peut réussir toute sa tâche sans les parents, comme ils ne peu­vent la réussir sans elle.

Les organisateurs, héritiers des fondateurs de l’école, ont une responsabilité particulière du bien commun. Ils doivent rendre compte à la société de leur action et des moyens qui y sont affectés.

Les directions animent le projet éducatif, pour qu’il se réalise dans leur école. A cette fin, elles en gèrent quotidiennement les ressour­ces, tant humaines que matérielles.

Les membres du personnel d’enseignement et d’éducation, dans leurs tâches respectives, sont les professionnels de l’école. Ils appor­tent savoir et savoir-faire dans la maîtrise des apprentissages et dans la pratique quoti­dienne de la vie commune.

Les membres du personnel administratif et ouvrier contribuent eux aussi au bien-être et à la bonne marche de l’établissement.

Tous les membres de la communauté sco­laire se ras­semblent autour d’un objectif com­mun et se donnent les moyens d’évaluer les ré­sultats de leur action. Leur tâche com­mune implique une volonté de communication, de concertation et de transparence.

Cette action, l’école chrétienne la met en œuvre comme toute institu­tion scolaire.

 

... À la lumière de l’évangile

... L’école chrétienne évangélise en éduquant.

 

§  service de l’homme et amour de Dieu

En créant et en soutenant des écoles, la commu­nauté chré­tienne assume sa part du service à la société. En travaillant au bonheur de l’homme et au bien de la société, elle travaille à l’avè­nement du Royaume de Dieu. La relation pédagogique que l’école chrétienne met en œuvre trouve par là une dimension nouvelle : elle s’enracine et s’accomplit dans l’amour de Dieu, tel que Jésus nous l’a fait connaître.

 

§  l’éducation aux valeurs

À ce titre, elle promeut dans sa démarche éduca­tive des valeurs évangéliques qui sont aussi le bien commun de l’humanité: notamment,

le respect de l’autre,

la confiance dans les possibilités de chacun,

le sens du pardon,

le don de soi,

la solidarité responsable,

l’intériorité,

la créativité.

Elle se veut particulièrement attentive aux plus démunis.

Ces valeurs humaines, Jésus, suivi par ses té­moins, les a assumées de façon radicale et leur a donné, jusqu’à travers sa mort et par sa ré­surrection, une force et un éclat particuliers.

 

§  inspiration chrétienne

L’école chrétienne a mission d’annoncer la Bonne Nouvelle du Christ. À cette fin, elle entretient vivante la mémoire de l’événement fondateur, toujours actuel : la vie, la passion, la Résurrec­tion de Jésus-Christ.  Cet événement est capable d’éclairer le sens que chacun cherche à donner à sa vie personnelle et collective. L’école chrétienne a donc la conviction qu’elle n’éduque pleinement qu’en évangélisant.

L’école chrétienne offre à chacun la liberté de construire sa propre identité en relation avec le Dieu de Jésus.

§  la tâche au concret

Cette tâche s’effectue dans l’activité même d’en­seigner, car là où se construisent les savoirs et les savoir-faire se forment l’esprit et le sens de la vie. Les valeurs humaines et évangéliques trouvent encore leur forme concrète dans l’organisation scolaire et dans la façon de vi­vre les relations entre les personnes.

La qualité du cours de religion contribue gran­dement à cette même fin, surtout s’il est soutenu par l’éducation de la famille et de la paroisse. Il questionne la vie, il est questionné par elle.

Selon l’endroit du chemin où se trouve cha­cun, l’école chrétienne s’oblige en outre à of­frir des lieux et des temps de ressourcement, de prière véritable, d’expérience spirituelle, de célébration et de partage où peut s’apprendre, avec les mots et les gestes, le sens de la foi.

 

§  ouverture et liberté

L’école chrétienne accueille ceux qui se présentent à elle ; elle leur fait connaître son projet, pour qu’ils la choisissent en con­naissance de cause : chrétiens et fidèles d’autres religions, croyants et non-croyants, chrétiens différents dans leur sentiment d’appartenance à la foi et à l’Église. Sans être nécessairement de la même communauté de foi, ils seront in­vités au moins à partager les valeurs qui inspi­rent l’action de l’école.

L’école chrétienne traite ceux qu’elle accueille dans le plus grand respect de leur liberté de conscience en s’interdisant toute manipulation ou violence morale.

§  chacun selon sa situation propre

La mission d’Église de l’école, comme sa fonction sociale, est l’affaire de toute la communauté éducative. L’école chrétienne est une commu­nauté de vie : elle entretient des liens avec l’ensemble de la communauté chrétienne.

Les organisateurs sont les garants de cette mis­sion, les directions la promeuvent, les familles en sont bien informées et sont invitées à la soutenir et à y participer.

Les membres du personnel de l’établissement collaborent loyalement au projet selon la tâche propre à chacun. Pour poursuivre ensemble une action cohérente, ils ont à cœur de faire vivre dans leurs propos, leurs attitudes, leurs modes de relations, l’esprit qui anime ce projet. Si tous ne peuvent partager de l’intérieur les convic­tions qui l’inspirent, tous le respecteront et accepteront qu’il se développe. Chacun restera attentif aux questions et aux convictions d’autrui.

Une équipe pastorale animera le projet chré­tien de l’école en veillant à garder vivante la mémoire chrétienne comme d’un événement toujours présent. Elle devra pouvoir compter sur la sympathie des collègues et le soutien actif de la direction.